L’univers d’Alice est une nouvelle fois revisité dans une interprétation rigoureuse de l’histoire. Le lapin en retard, le chapelier fou, la duchesse, la reine de coeur… tous sont au rendez-vous d’une adaptation qui donne à l’histoire un caractère fantastique nouveau, accentué par le choix des couleurs dans un camaïeu d’ocres et de bruns, éclairés çà et là de rouges et de verts qui tranchent sur la tonalité ambiante. Le graphisme, très fluide, crée un pays des merveilles inquiétant, souvent sombre, renchérissant sur le côté surréaliste de l’histoire pour mettre Alice en relief Alice. Mais plus que les décors, ce sont les personnages qui intéressent les auteurs. L’image classique d’Alice, héroïne féminine au sortir de l’enfance, a du caractère : brune, expressive, elle ne s’en laisse pas vraiment compter par les animaux ou les humains qu’elle croise dans son étrange odyssée. Tous ont des traits outranciers, caricaturés, qui renforcent les ambiances grotesques, surprenantes ou inquiétantes de chaque scène. La composition dense des pages crée une atmosphère un peu étouffante : pas étonnant qu’Alice soit soulagée de sortir du Pays des Merveilles !
Alice au Pays des Merveilles
CHAUVEL David, COLLETTE Xavier