Dona Patakès, gardienne du cimetière des mots oubliés, est affolée. Elle ne retrouve pas sa nouvelle liste de mots, mots à trier avant d’établir leur acte de décès. Wei, son assistante, n’est pas d’un grand secours si ce n’est pour détendre l’atmosphère. Débarque Tom, victime d’une panne d’ordinateur. Il ne « kiffe » rien à cette situation surréaliste ; sans électricité, sans réseau, il cherche à s’évader mais non sans emmener la jeune héroïne qui habite dans un livre du XIXe siècle. Le ressort comique joue sur le contraste entre la saveur des mots disparus et le langage d’un adolescent moderne. Orphéoniste, paltoquet, pisse-froid, gourgandine versus « truc de ouf », « se tirer », être « relou » : incompréhension mutuelle. Les fantaisies d’élocution de l’assistante participent au délire verbal. Cette pause sans réseau ouvre à Tom l’envie de lire car il a fait une étrange rencontre dans cet invraisemblable cimetière. Le texte, drôle et virevoltant, en dit long sur l’urgence d’un enrichissement culturel. Excellente mémoire et aisance d’élocution sont indispensables au succès de la pièce qui a toutes les qualités pour faire un tabac. (Jouée au Petit Théâtre de Lausanne, Suisse). (A.-M.R.)
Anacoluthe !
ZAHND René, CORVAISIER Laurent