Pour échapper à l’ambiance familiale déliquescente, Karl Ove entre, sans diplôme, dès l’âge de dix-huit ans dans la vie active. Il postule pour un poste de professeur suppléant dans un village de pêcheurs au Nord du cercle arctique. Il espère ainsi avoir le loisir d’écrire et de thésauriser pour voyager. Dans ce quatrième volume de son récit autobiographique, Karl Ove Knausgaard, adulé en Scandinavie pour les précédents (Jeune homme (Mon combat ; livre III), NB mars 2016), revient sur son adolescence et l’année de ses dix-huit ans. Pour lui, cette année passée au coeur d’une nature hostile, à exercer son autorité sur des élèves à peine plus âgés, est une gageure ; résister à la solitude, à l’obscurité permanente qui pèse sur les esprits, et aux tentations d’une virilité naissante, un vrai combat. Dans un style souvent très prosaïque, le récit se confronte à la banalité du quotidien dans une logorrhée répétitive où descriptions de beuveries et tentatives de coucheries ratées abondent avec force détails. L’ennui et le mal-être qui suintent de ces pages ont cependant un fort pouvoir évocateur et des accents d’universalité qui expliquent le succès de l’écrivain dans son pays. (S.D. et M.-N.P.)
Aux confins du monde (Mon combat ; livre IV)
KNAUSGAARD Karl Ove