Bolita, c’est l’histoire d’une jeune bolivienne qui vit dans un bidonville de Buenos Aires. Rosmery Ajata est petite, pas très belle, pauvre et appartient à la communauté de Boliviens installés en Argentine. Elle souffre donc de tous les préjugés que les gens de la « haute » ont envers les « bolitas » comme ils les appellent… Mais Rosmery a tout d’un détective amateur et n’hésite pas à s’embarquer dans une enquête si sa curiosité flaire quelque chose de louche… Lorsqu’elle est engagée par un frère et une sœur descendants d’Allemands dans les beaux quartiers du nord de Buenos Aires, sa curiosité est piquée au vif.
Magnifiquement dessinée par Eduardo Risso, Bolita raconte la confrontation entre pauvreté et richesse dans une Argentine décadente, la brutalité du désir sexuel lorsque l’amour est très secondaire, la dégénérescence d’une aristocratie où se croisent les produits de la folie du nazi Mengele et un évêque… C’est comme le talent de Risso : violent, noir, brutal et décadent, mais le personnage de Rosmery surnage dans ce cloaque malgré ses propres incohérences et compromissions. Un polar noir et cru d’une belle intensité.