Eddie est un petit garçon qui, dixit ses parents, a le don de se faire oublier. Il a surtout une sacré faculté d’imagination. Il prétend habiter dans un manoir. Ses meilleurs amis sont un dinosaure et un cochon volant, découverts un jour où ses parents l’avaient, dit-il, oublié. Et il utilise son temps libre de solitaire discret pour construire en cachette une énorme machine, destinée à avaler les gens. Par qui va-t-il commencer? Ses parents? Des camarades casse-pieds? Non, honneur à l’inventeur…
Petit voyage dans la psyché d’un enfant compensant ses frustrations par le rêve? Le mélange d’imaginaire et de réalité ne fait pas toujours clairement la part entre l’un et l’autre, et se conclut par une pirouette de fin peu satisfaisante. Si l’intrigue n’est pas très bien construite, en revanche, les illustrations séduisent. À l’encre de Chine, elle créent un univers mi-fantasmagorique mi-réel qui n’a rien d’inquiétant, toujours habité d’une touche de végétal. La finesse du trait, la variété des scènes, le soin apporté au cadrage et aux détails font regretter une histoire plus aboutie pour les accompagner dignement.