Un écrivain que la précarité n’empêche en rien de courir les réunions mondaines, mène à Paris une vie de libertin cynique. Il pratique sans scrupules la chasse amoureuse et collectionne les liaisons jusqu’à ce qu’une douleur aiguë bloque un jour ses maxillaires et lui interdise le moindre baiser. L’abstinence, en ce bel été, ne lui convient guère ! Tout à ses réflexions sur la solitude, il rencontre Clara Stern, dont il tombe aussitôt follement amoureux. Gambiste à ses heures, la belle l’invite au concert, mais repousse avec froideur ses avances. Le soupirant éconduit entreprend alors de séduire à tout prix la jeune femme. Dans une écriture ciselée, au flux ample et continu qui caractérisait aussi À la fin (NB mai 2004), Éric Laurrent sonde les espoirs du malheureux, ses excès, sa souffrance, et décrit l’absurdité des situations dans lesquelles le plonge son aveuglement. Il marie cocasserie et gravité, aborde l’érotisme avec élégance et donne au quotidien un tour raffiné en usant de mots rares, de tournures anciennes, façonnant la langue avec une éblouissante maîtrise.
Clara Stern.
LAURRENT Éric