Une adolescente française en séjour à New York rompt avec sa soeur et se retrouve seule face à un destin incertain. Dans le Massachusetts elle devient « Lou », modèle de Peter, peintre en quête d’inspiration. Entre sa femme Rebecca, mère mal-aimante qui se prétend écrivain, et leurs deux enfants, les saisons passent imperceptiblement. Prise au piège de l’atmosphère éthérée et des drames qui étreignent cette famille, l’adolescente se met à écrire, pour tromper son ennui, tout ce qu’elle vit et ressent, avec quelques souvenirs de sa vie passée, libérant avec une apparente naïveté son imagination.
Après son premier roman La Cattiva (2013), Lise Charles nous entraîne ici dans une divagation littéraire insolite qui peut dérouter. L’histoire semble s’égarer de rivage en rivage, se rapproche vers la fin du conte grâce au rêve, et revient comme Ulysse à son point de départ. Le parti pris narratif « sent » un peu l’artifice : la jeune fille, qui semble flotter « hors sol » mais est en réalité mature et presque savante, se raconte dans un style familier et direct. Ses phrases sont entrecoupées de formules en anglais. Dommage qu’il faille attendre la dernière partie pour que les personnages deviennent plus intéressants et vivants. (I.S.-P. et A.Le.)