Coupables

SCHIRACH Ferdinand von

Les concepts d’innocence et de culpabilité, le rôle parfois peu reluisant de la justice sont au coeur de ces quinze nouvelles fort diverses – arnaques, règlements de comptes, viols, femmes battues – mais globalement déprimants, ayant donné lieu a des procès où la vérité n’a pas toujours été reconnue et où certains crimes sont restés impunis. Avocat lui-même, Ferdinand von Schirach parle d’un univers qu’il connaît bien et même probablement de personnes qu’il a lui-même défendues. Il analyse avec acuité la psychologie et les motivations des coupables, la solitude des victimes dont la vie, si elles survivent, est détraquée à jamais. Son expérience lui permet de se livrer à une critique sévère d’une société qu’il juge malade et du système judiciaire déficient de son pays qui pratique selon lui une parodie de justice. Un certain malaise se dégage de cette vision très pessimiste. Le ton est détaché, presque glacé. Certaines histoires sont plus prenantes que d’autres et seule la dernière nouvelle se clôt sur une chute un peu ironique.