Un chef d’entreprise, victime d’un très grave accident de voiture, se retrouve en convalescence en Floride, à Duma Key. Il entre dans cette « deuxième vie », un bras en moins, le cerveau légèrement dérangé, la mémoire flageolante et sa femme partie. Pour se distraire, il peint les merveilleux couchers de soleil qu’offre la Floride, ajoutant innocemment quelques éléments dans ses toiles. Mais peu à peu, ceux-ci se mettent à vivre, à lui parler, à le hanter, à tuer. Il a des visions prémonitoires effrayantes. Lorsqu’il découvre que des petites filles sont mystérieusement mortes à Duma Key, sa vie bascule dans l’horreur. La mort de sa propre fille le catapulte vers l’affrontement avec le Mal.
Par petites touches imperceptibles, Stephen King a l’art de transformer le banal et l’ordinaire en malaise, puis en cauchemar. Et le rythme va crescendo, avec une puissance d’évocation précise, efficace, terrifiante. On retrouve ici le style qui fait son succès. Il manipule à merveille la perversion, la duplicité, l’enfermement psychologique, le rapport ambigu au réel. Le livre est épais, lent dans sa première moitié, mais peut-être est-ce pour mieux nous égarer avant de nous précipiter vers une fin à donner des sueurs froides.