Julien est mal dans sa peau et trouve qu’il ressemble à un castor. Ses camarades se moquent. Le jour où Rhoda dépasse les bornes, une poussée de violence s’empare de lui et il est renvoyé. En s’enfuyant du collège par le trou d’un grillage, il trouve un fusil et l’apporte à Chen, son ex-meilleur ami qu’il n’a pas défendu lorsqu’il était le souffre-douleur de la classe. Ils partent en pleine forêt, prêts à tuer le « big-boss », ennemi que possède tout un chacun. Ils débarquent dans une « boum » où chacun porte un masque d’animal.
À partir d’une série de photos de figures d’animaux plus ou moins réalistes, de styles différents, l’auteur bâtit un court roman où l’on sent la violence monter à son paroxysme. Julien, qui s’accepte mal, se trouvant laid, et craint les autres, est obnubilé par la découverte du fusil et avec Chen, grand amateur de jeux vidéos, ils vont être emportés et grisés par la possession de cette arme – prêts à tout ? Les photos en elles-mêmes ne sont pas cruelles, mais le style haché d’Hélène Gaudy communique la puissance de la violence et laisse le lecteur haletant et abasourdi.