En Turquie, Gaza, neuf ans, est obligé par un père mutique et violent de l’aider dans son trafic de clandestins. Pendant le transit, l’enfant est chargé de la survie de cette marchandise humaine entreposée dans une citerne avant le transfert en Grèce. Un jour, par négligence, il provoque la mort de Cuma, un jeune Afghan, le seul à lui avoir montré de l’humanité. Hanté par son souvenir, il conserve la grenouille en papier qu’il lui avait donnée. La haine envers son père se retourne contre les prisonniers et le transforme en tortionnaire. Un soir sa vie bascule… Pessimiste, puissant, déroutant, terrifiant, ce roman laisse des traces. Hakan Günday (Ziyan, NB avril 2014), à travers les terribles expériences du héros, redéfinit un monde où seule la peur de la mort donne un sens à la vie. Progressivement, dans un style envoûtant, il dénonce le jeu politique des nations, la lâcheté des hommes, la violence des masses allant jusqu’au lynchage. Il décrit de manière clinique une culpabilité obsessionnelle qui conduit à la drogue, l’enfermement et la folie. (L.C. et M.S.-A.)
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GÜNDAY Hakan