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Le tome premier (Santa malachia, N.B. Juin 2006) montrait les affrontements entre les Syyanas, natifs d’une île inconnue et les conquistadores. Une affreuse épidémie sévit. Seule parade : poursuivre les malades et les brûler vivants. Le capitaine se délecte à cette tâche avec la complicité implicite du grand prêtre, chef des natifs, et la participation forcée des moins atteints. Dathino, prisonnier, refuse de participer au massacre et en paie très vite le prix. Hutatsa lutte pour sauver sa vie afin de pouvoir secourir son ami. La fille du grand prêtre continue son combat contre la lâcheté et les compromissions de son père.
L’action se déroule au XVIIe siècle, mais semble s’inspirer des pires crimes nazis, la maladie remplaçant l’origine ethnique comme stigmate. Le dessin, réaliste et souple, est très lisible. Les belles couleurs vives ou le sépia chatoyant des rappels historiques contrastent crûment avec la violence du sujet, le sang et les corps purulents. Une certaine complaisance dans l’horreur, une relative absence de réflexion et de prise de recul sur les personnages, réservent cet ouvrage à un public averti.