Fils de personne

ALAJMO Roberto

Tancredi, vingt ans, attend, enfermé dans les toilettes, l’arrivée de la police. Son père est étendu, assassiné par balles, dans la pièce attenante. Sa grand-mère le désigne très vite comme le coupable. Tout a commencé à cause d’une éraflure sur leur Volvo. Dans ce quartier très populaire, cette superbe voiture intrigue, signe visible du combat victorieux du père contre le Pouvoir. Elle est le prix de la réparation pour la mort de sa petite fille, victime d’une balle perdue lors d’une bagarre entre mafieux. L’éraflure l’a mis hors de lui, et le drame est arrivé. Les policiers sont perplexes, surtout quand l’arme du crime, introuvable, réapparaît.

 

Après Un coeur de mère (NB octobre 2005), l’ambiance de la Sicile éternelle est de nouveau présente. L’emprise de la famille, le regard des voisins, le quotidien, le silence, la méfiance sont exposés dans une langue distanciée et très savoureuse. Le récit du bras de fer avec le préfet est digne d’une comédie à la Benigni tout autant que les dialogues parfois surréalistes.