À la suite d’un incident au collège, Hugo (16 ans) s’isole dans sa chambre. Depuis quelques semaines, sa porte reste obstinément fermée à clé. Il n’en sort que subrepticement pour prendre le plateau que sa mère a préparé. Pour éviter les idées noires, il partage son temps entre la télévision, le lit, l’ordinateur et la fenêtre où, caché derrière le rideau, il regarde dehors. L’arrivée d’Emma, petite fille de 14 mois, bouleverse son isolement et le ramène à la vie.
Qu’arrive-t-il à Hugo, comment devient-il ce que les Japonais appellent un hikikomori (celui qui se retranche) ? L’auteur décrit ce syndrome qui affecte de nombreux adolescents au Japon, en le transposant dans la banlieue parisienne. Il exprime avec justesse le mal-être, la peur, l’angoisse mais aussi la soif de reconnaissance, le désir de relations amicales du garçon. La complicité affectueuse qui unit progressivement Emma et Hugo apporte une touche d’optimisme dans ce huis-clos oppressant. Malgré la description minutieuse on a du mal à comprendre que la situation familiale, certains événements et conflits psychologiques déclenchent chez cet adolescent ce comportement extrême. Et la fin fait penser à un tour d’escamotage.