La collecte des monstres

URIEN Emmanuelle

Noires, très noires, ces dix-huit nouvelles, l’une plus sinistre que l’autre, comme le laisse entendre le titre du recueil. Diverses, originales, raffinées dans la perfidie, dénuées de bavardages inutiles et de détails excessifs, ces courtes histoires s’en tiennent à un minimum qui se suffit à lui-même. Le suspense est intact jusqu’à la chute finale. L’intitulé de l’une d’elles, « Revenir », pourrait faire rêver. Qu’on ne s’y trompe pas, le bonheur n’est pas au bout du chemin. Parfois le monstre se camoufle. Qu’on en juge : un certain “père” Noël rassemble des dons pour permettre à un enfant gravement malade de se faire soigner en Amérique. Mais qui bénéficiera du magot ?

 

Faut-il désespérer de l’humanité ? Emmanuelle Urien semble en être convaincue. Sa démonstration vigoureuse est de grande qualité.