Anna habite Zurich avec son mari médecin ; leur couple est en apparence harmonieux et solide. Femme indépendante, elle est ballerine et consciente de son pouvoir de séduction. Durant l’été, elle rencontre un jardinier kurde, chargé d’embellir les rives du lac ; ils deviennent amants, mais l’homme est marié et habite en banlieue. Leur aventure tourne court mais Anna en reste obsédée… Il est évident que Dana Grigorcea veut pasticher la célèbre nouvelle de Tchekhov « La dame au petit chien » en la transposant à notre époque et en modifiant la psychologie des personnages. A cette occasion, elle développe des thèmes bien connus : le hasard n’existe pas dans la vie et à nos désirs ne s’attache aucun péché… Son texte est ciselé, parsemé de descriptions délicates de Zurich (où l’auteur réside) et de Venise. Elle fait ressortir les différences des deux protagonistes : le jardinier, émigré de condition modeste, est très attaché aux conventions sociales, alors que la ballerine évolue parmi les élites et se montre totalement libérée des impératifs de la morale, éprise d’art et de beauté. Un texte léger et un peu désuet qui égratigne avec élégance une société mondaine, vaine et frivole. (E.L. et A.K.)
La dame au petit chien arabe
GRIGORCEA Dana