Elle n’est pas belle, la vie sur terre, pour Ari Najman, juif, fils d’un rescapé des camps et d’une mère souffrant de la maladie d’Alzheimer, frère d’un suicidé. Alors il boit, se drogue de femmes, s’enivre de mots. Avocat reconnu, il défend de jeunes meurtrières. Ni Louise, sa femme, dépressive, ni Clara, son ex-maîtresse, policière d’origine sénégalaise, ni la défense de Judith, ex-compagne de son frère, ne peuvent lui donner goût à la vie. Ari vit à la surface des événements, embué d’alcool. Drogue, meurtre, accident de voiture, suicide, la mort est partout. Ce récit est une longue éructation de souffrance noyée dans un humour dévastateur. Le personnage est le porte-parole de toutes les révoltes : religion, amour, amitié. Rien ne résiste à la violence, enrobée d’un verbe prolixe et d’une écriture tantôt télégraphique, tantôt litanique, apprêtée. Cette jeune journaliste de trente ans débute avec un premier livre très noir et désespéré sous des allures de plaisanterie.
La vie sur terre
JANIN Dorothée