Alexandre Sneguiriov, alias Bro, naît en Russie le 30 juin 1908, jour où une météorite s’écrase en Sibérie. Enfance dorée, études médiocres, attirance vers l’Univers, il se joint à une expédition recherchant les restes de l’aérolithe. Progressivement sa personnalité change et le contact avec le corps céleste retrouvé, « la Glace », le transforme en fondateur de « la Confrérie de la lumière originelle » dont les membres épars se reconnaissent par des « paroles de coeur » (organe stimulé par de violents coups de marteaux de glace), une intense émotivité, une opposition aux humains, « machines de chair » affamées de pouvoir, richesse, sexe.
Deuxième tome d’une trilogie commencée par La glace (NB mai 2005), la fiction de Vladimir Sorokine relève du conte de fées, de la science-fiction, du récit historique adroitement déguisé, de l’anthropologie, de la critique politique. Chacun trouvera dans cette fantaisie débridée une part de ce que l’auteur a cherché à y mettre. L’écriture s’égare parfois dans le fantasmagorique répétitif, mais est d’une qualité certaine, notamment dans les peintures de la nature environnante. Visionnaire ? Prophétique ? Étonnant.