L’affaire Collini

SCHIRACH Ferdinand von

Hans Meyer, grand industriel allemand très respecté et octogénaire, est assassiné avec préméditation par un immigré italien, Fabrizio Collini, qui se laisse arrêter sur place et refuse d’indiquer son mobile. Caspar Leinen, avocat débutant, est désigné d’office pour assister le meurtrier, enfermé dans son mutisme. Découvrant que ce dernier a connu des petits-enfants du défunt, il mène sa propre enquête, doublant la police judiciaire apparemment peu motivée. Ses recherches le font remonter à 1944 en Italie du Nord et l’amènent à penser que le plus coupable dans ce drame n’est peut-être pas celui qu’on pense. Ferdinand von Schirach est l’auteur de fictions (Coupables, NB novembre 2012) inspirées de sa carrière au barreau de Berlin. Dans ce récit d’un procès imaginaire, mais représentatif de l’époque, il donne à réfléchir sur la prescription des crimes de guerre, l’excuse de l’obéissance à des ordres inhumains, mais légaux, et l’ambiguïté bienveillante du code pénal allemand en la matière. Il souligne aussi la difficulté d’apprécier certains faits et leur contexte un demi-siècle après, et l’habileté parfois immorale de certains défenseurs des accusés ou des parties civiles. Construit de façon remarquable, l’ouvrage met en scène un émouvant débat, dû à la personnalité des protagonistes.