Dans Larmes de pierre : une enfance africaine (Livre du mois, NB juillet 2002) Alexandra Fuller, “Bobo”, avait déjà exprimé sa fascination pour l’Afrique et la Rhodésie de sa jeunesse pendant les guerres d’indépendance. Récemment, lors d’un séjour chez ses parents en Zambie, elle rencontre K, ancien mercenaire blanc de Rhodésie, qui tente désespérément d’oublier les horreurs dont il a été témoin et celles qu’il a lui-même commises. Une étrange complicité s’établit entre eux et, quelques mois plus tard, ils partent en voyage à travers la Zambie, le Zimbabwe et le Mozambique, lui pour exorciser ses souvenirs, elle pour tenter de comprendre l’horreur et sa propre histoire.
Ce récit est une plongée au coeur du cauchemar que doit affronter tout être, en particulier un combattant, s’il veut survivre aux atrocités et aux violences souvent incompréhensibles, avec en toile de fond la décolonisation et les nouvelles structures du pouvoir de contrées meurtries dont l’auteure sait admirablement rendre les paysages, les odeurs et les sons. Ce “carnet de route” entre amour et haine, dans une langue colorée, à l’humour discret, est surprenant et prenant.