L’Appel du navire

PAHOR Boris

À Trieste, alors que la nuit nappe ville et mer dans l’obscurité, Ema erre sur la jetée : seule et désemparée, étreinte par le mal du pays, elle traîne aussi sa solitude affective et son désoeuvrement. En cette veille de seconde guerre mondiale, la ville est occupée par les Italiens et la population slovène redoute les exactions des Chemises noires. La rencontre de Danilo, jeune Slovène comme elle, va donner un nouveau souffle à son existence : elle se joint à une équipe de résistants italiens.  Les éditions Phébus poursuivent, quarante ans après sa publication en slovène, la traduction de l’oeuvre de Boris Pahor. Comme Dans le labyrinthe (NB janvier 2004), dernier volet d’une trilogie sur Trieste, sa ville natale, on retrouve les thème de l’identité culturelle et de la résistance chers à cet auteur slovène. Cette opposition à l’occupant passe d’abord par la défense de la langue maternelle. Le lecteur demeure impressionné par la gravité et l’intensité du sujet que soutient une écriture vigoureuse et aboutie.