Les classes moyennes – quatre-vingt pour cent de la population – sont une entité difficile à définir. Depuis la fin de leur âge d’or (les Trente Glorieuses), les vieilles définitions s’usent. Le corps social se segmente et les inégalités s’accusent : nouveaux riches et nouveaux pauvres augmentent en nombre au détriment des classes moyennes : c’est l’effet dit “sablier”. L’État les enfonce, la mondialisation et les révolutions technologiques les enterrent. Assistons-nous à leur fin programmée ?
L’économiste Nicolas Bouzou pense que les entreprises et les forces politiques doivent « modifier leur logiciel intellectuel » pour répondre à cette nouvelle « révolution copernicienne ». Il préconise une société ouverte, sans contrainte mais non sans contrôle, où un investissement massif dans l’éducation et la disparition de la “rente” réactiveront l’ascension sociale. Étayée de tableaux statistiques et d’articles spécialisés, son analyse évite le jargon technique, restant accessible à tous. Écartant toute option radicale, elle fait une lecture originale de la pensée libérale