Le policier Nathan Active, en poste depuis deux ans à Chukchi en Alaska, est considéré comme « presque blanc » par les autochtones car, bien qu’il soit né sur place, il a habité en ville. Étranger aux coutumes locales, il est confronté au vol, dans le musée, d’une momie inuit, et au meurtre d’un ancien chef du conseil tribal assassiné avec un harpon qui a appartenu à la momie. Commence alors une délicate enquête qui l’amène à parcourir la toundra glacée pour tenter de faire ressurgir les souvenirs d’une époque révolue. Né en Alaska et fervent écologiste, Stan Jones (L’homme qui tue les gens, NB avril 2015) excelle dans la description d’un monde en transformation. Aux vieilles traditions encore vivaces sur fond de sorcellerie et de chamanisme, il oppose avec humour un modernisme mal digéré en raison de l’extrême difficulté à vivre dans un environnement hostile. Les nombreux personnages sont traités avec empathie, la tension est sourde et les confrontations brutales. Révélation de non-dits, utilisation du vocabulaire inupiaq, description réaliste des fabuleux paysages chaotiques de mer gelée, des montagnes enneigées où sévissent de violentes tempêtes, expéditions acrobatiques en avion, observation précise du mode de vie local, tout concourt à rendre ce polar passionnant. (J.M. et J.C.-N.)
Le col du chaman
JONES Stan