Le monde t’appartient

BOZZI Riccardo, ZAGNOLI Olimpia

Un pois vert au milieu d’une page blanche : « Le monde t’appartient ». Une trouée blanche au centre d’une page rouge :  « Et tu appartiens au monde ». Liberté et dépendance ! Ces deux doubles pages qui encadrent l’album en définissent le contenu et la manière. Des dessins minimalistes aux couleurs franches, proches du symbole, mettent en scène la liberté de jouer, d’aimer, de croire, d’entreprendre, d’être heureux. Encore faut-il comprendre : quand le dessin est figuratif – un fantôme suggérant la possibilité de croire – passe. Quand il frôle l’abstraction ou joue d’un symbolisme compliqué, cela devient très difficile. La phrase d’accompagnement qui interpelle l’enfant – via le tutoiement- est plus gênante encore : est-on libre d’être aimé, d’être malheureux comme on peut le lire ? Maladresses de traduction ou incohérence du propos, on peut se demander à qui s’adresse cet album qui prétend inciter à la réflexion philosophique.