Le Pas de l’adieu

ARPINO Giovanni

À Turin, un vieux mathématicien philosophe achève sa vie solitaire dans une pension tenue par deux soeurs attentionnées. Le dimanche, avec un de ses élèves, le professeur dispute une partie d’échecs : l’enjeu est sa mort, préférée à cette macération dans une vieillesse terrifiante. Si le jeune homme perd, il doit l’aider à mourir. Arrive une nièce fantasque qui revitalise ce monde clos et étouffant, fait renaître des émotions oubliées, suscite d’intimes questionnements et apporte au vieillard l’apaisement, laissant les autres à leur indécision et leur lâcheté.

 

Écrit en 1985, ce roman d’atmosphère s’élabore au travers d’une écriture précise, aux termes choisis. Avec ce style narratif limpide et évocateur, déjà remarqué dans Une âme perdue (N.B décembre 2009), l’auteur traduit bien l’angoisse et la peur de vivre de ces êtres aux sentiments refoulés, en décalage avec un présent quasi ignoré. Malgré une certaine désuétude ambiante, on reste envoûté par ces destinées dont on partage l’indicible mélancolie.