Une jeune fille décide de passer une nuit hors de chez elle, lisant dans un café de Tokyo. Sa solitude sera troublée par de nombreuses rencontres, un musicien désabusé, une tenancière d’hôtel de passes. Au terme de la nuit, le lecteur, en position de caméra virtuelle, comprendra que la soeur de la jeune fille dort d’un sommeil cataleptique et mystérieux.
Ce livre oscille entre le réalisme et l’onirisme un peu comme dans Chroniques de l’oiseau à ressort (NB janvier 2001) mais l’auteur y fait preuve d’un talent d’écriture de plus en plus maîtrisé. Son roman est construit comme un film, dont chaque chapitre serait les scènes successives au fur et à mesure de l’écoulement de la nuit et dont le lecteur serait le spectateur. Chacune des séquences, en apparence décousues, permet d’affiner progressivement la compréhension des ressorts secrets des personnages, dont certains s’enferment dans des rôles qui leur sont imposés tandis que d’autres cherchent à tâtons le chemin d’une vie en accord avec leur personnalité profonde. Le seul regret est que la fin reste énigmatique.