Marcel, soixante-seize ans, schizophrène, est sujet à des crises au cours desquelles il revoit son chat et sa mère dont il a brûlé la chevelure. Après avoir passé vingt-trois ans dans un hôpital psychiatrique à Nominingue au fin fond des Laurentides (au nord de Montréal), il vit aujourd’hui seul dans une maison que lui a léguée son psychiatre. La vente de ses aquarelles, toujours les mêmes, avec des montagnes ou un bord de mer, l’aide à vivre. Un beau jour, il se lance dans la rédaction d’un journal intime.
Michel Tremblay (Conversations avec un enfant curieux, NB juillet-août 2017), dramaturge et écrivain québécois prolifique, reprend le personnage d’un roman, écrit en 1989, placé dans un asile par sa mère. Il décrit son enfermement difficile au milieu de religieux qui manquent d’empathie, puis la vieillesse de cet être touchant et toujours coopératif dans une vie quotidienne peuplée de visions, dont il se protège avec des lunettes fumées. L’écriture sensible de l’auteur, grave mais jamais triste, illustrée de quelques-unes de ses propres aquarelles, en fait une histoire emplie d’humanité, un récit émouvant, qui se lit avec plaisir. (H.V. et M.-A.B.)