Adossé à son rocher sur la plage, Roger lit tranquillement. Un ami arrive avec un ballon ; jaloux de constater que Roger n’est pas disponible pour jouer, adossé comme d’habitude à son « caillou », il se moque. Une petite fille s’avance, conciliante, et prouve qu’on peut très bien être ami avec un rocher et même jouer au ballon avec. La marée monte, le rocher s’avère le meilleur ami du monde, île refuge pour les trois enfants. L’histoire, savoureuse, est construite comme un scénario avec arrivée successive des personnages. La placidité de Roger, son besoin de calme se heurte à l’agressivité d’un autre garçon. La trouvaille est d’imaginer ce contact intime entre un enfant et son rocher. La blancheur du sable, d’une luminosité éclatante, est rendue par le vide du papier ; les dessins en noir aux traits vifs brossent un paysage et trois enfants qui se distinguent par leur coupe de cheveux, un t-shirt rouge, une marinière rayée rouge et blanc et une robe noire. C’est simple, stylé et efficace. (A.-M.R.)
Le rocher de Roger
LEROY Jean, ABESDRIS Marie-Anne