Le Roman de Shanghai.

DEBRÉ Bernard

Une convention de coopération entre le service d’urologie dirigé par l’auteur à l’hôpital Cochin et l’hôpital Est de Shanghai est le prétexte à une analyse historique, économique et sociale de cette ville. Fascinante, bouillonnante, partie de la Chine dont elle se distingue cependant, elle fut misérable avant d’éclater dans la démesure, l’opulence, marquée par les deux aspects de « son arrimage au passé le plus enfoui et sa quête permanente de modernité ». Bodard, Malraux, Marie-Claude Bergère (Histoire de Shanghai), Serge Bramly (Le voyage de Shanghai, N.B. fév. 2005) l’ont décrite, Rita Hayworth, illustrée.

Bernard Debré entrelace, parfois avec confusion, les particularités de cette mégapole et ses points communs avec la Chine. Il raconte la subtilité du consul français, Monsieur de Montigny, les turpitudes du maffieux Monsieur Du, la drogue, le jeu, les émeutes, à côté du quasi-continent, aux multiples dynasties, aux guerres meurtrières, voire humiliantes (« traités inégaux » avec l’Occident), à l’instauration laborieuse du communisme. Les caractéristiques de chaque entité demandent une lecture soigneuse, mais le savoir, l’inclination de l’auteur emportent l’adhésion.