Le temps des vrais bonheurs

FAROOKI Roopa

À Kuala Lumpur, un vieux poète meurt dans un hôpital, désespéré de ne pas revoir son fils, de ne rien savoir de sa fille disparue à la naissance. À Singapour, ce fils, romancier à succès, ne se console pas du départ d’Aruna, son âme soeur. À Londres, celle-ci, docteur en lettres, a épousé entre alcool, sexe et cigarettes, un sympathique médecin anglais et se demande pourquoi. Elle le quitte subitement pour revenir à Singapour, « chez elle ». En quelques jours, les vies des personnages retrouvent un tempo apaisé. Le rythme rapide, la vivacité des dialogues accentuent les effets de la construction, toute de pièces et de morceaux, des enfances au présent de l’intrigue, d’une famille à une autre, de l’année précédente à aujourd’hui, de l’Angleterre au Bengale, de la Malaisie à Singapour. Ces bonds répétés demandent un suivi attentif ; ils n’empêchent pas de s’attacher aux personnages et de soupçonner assez vite une histoire de naissance cachée, d’amours clandestines. Avec habileté, Roopa Farooki (Les choses comme je les vois, Livre du Mois, NB juillet-août 2013) laisse en suspens ces suppositions et conclut sur une fin moins attendue, à la satisfaction du lecteur.