Une minuscule station balnéaire bretonne, à la mi-mars. Le narrateur y passe quelques jours mornes et gris, dans un hôtel miteux quasi désert. Seul, malgré la présence étrange de Pierre et d’Elisabeth qui partagent sa chambre, il observe tout et tous, prend des notes détaillées, se fait le plus discret possible, mais ne dévoile rien de ses intentions. Pourquoi a-t-il choisi cet endroit ? Pourquoi a-t-il quitté Metz ? Pourquoi achète-t-il des tournevis ? Est-ce lui qui ne tourne pas rond ? Ou les autres, tous un peu étranges dès qu’on les scrute sans bienveillance ?
Voici le quatrième roman d’un jeune auteur qui a commencé avec Le Gris (NB juin 2007) et qui, depuis, imagine régulièrement un narrateur trentenaire en rupture avec son passé. Ici, la sexualité (l’asexualité ?) minimaliste, l’errance en boucle et le besoin de repères, la répétition d’actes anodins et inutiles créent un sentiment étrange, un peu angoissant, qui donne envie d’en savoir plus et de percer le mystère. Le style est abrupt, rapide, mais la phrase s’amplifie quand il faut que s’accumulent les détails. On est entraîné malgré soi dans l’attente d’une révélation, d’une explication…