Très largement inspiré de la cavale meurtrière de Florence Rey et de son compagnon, ce livre imagine ou raconte (l’ambiguïté subsiste) la dérive vers la marginalité et la délinquance de deux amants passionnément épris. Un braquage minable à la Porte de Pantin dégénérera provoquant cinq morts.
L’auteur décrit une spirale infernale dont la cause essentielle serait l’amour des deux protagonistes, engagés dans un cercle vicieux de surenchère dans la violence afin de ne pas déchoir vis-à-vis de l’autre. Cette thèse retentit comme un plaidoyer en faveur de Florence Rey vilipendée par la presse. Le lecteur sera sensible à l’écriture belle, épurée et sèche, en parfaite harmonie avec le récit. David Foenkinos avait déjà été remarqué pour Le potentiel érotique de ma femme (NB mai 2004). Cependant ce livre, qui s’inscrit dans la mode des romans calqués sur des faits divers, dérange éthiquement quant à la légitimité d’un romancier à faire de personnes réelles et encore vivantes des personnages de roman. Le lecteur, même averti, saura t-il distinguer la réalité de la fiction ?