Second tome des Ogres-Dieux après Petit, Demi-Sang nous offre l’histoire de Yori. Les Nobles-Nés dominent le royaume au pied du château des Ogres-Dieux et gouvernent en leur nom. Bien que né parmi eux, la place de Yori n’est pas évidente : si son père le roi l’aime, il n’en reste pas moins un bâtard, le fils de la favorite. Sa grâce et son intelligence ne cessant d’attiser la haine de ses demi-frères légitimes, Yori et sa mère finissent dans les bas-fonds de la capitale. Il est alors prêt à tout pour la protéger : contraint de vivre de ses charmes, Yori amorce une ascension pleine de sacrifices qui le mènera à nouveau, des années plus tard, dans l’entourage du Chambellan et au contact des terribles géants de la montagne… Mais à force de compromissions, ne risque-t-il pas de perdre ce qu’il a de plus précieux, et de devenir pire que ceux qui l’ont toujours rabaissé ?
Le personnage de Yori est fabuleux de complexité. Derrière son visage d’ange se cache le pire des manipulateurs. Et l’on se délecte de voir son évolution diabolique pour tenter de résoudre son complexe d’Œdipe. Rien ne l’arrête, il est prêt à tout pour toucher du bout des doigts ce pouvoir tant convoité. On assiste à la métamorphose d’un papillon en un monstre sans âme…
Le dessin – tout en noir et blanc – accompagne merveilleusement la noirceur de ce conte gothique. Et les parenthèses historiques sur les dynasties de Chambellans qui se sont succédé pour satisfaire les besoins des géants donnent encore plus de profondeur et de complexité au récit. Il faudrait dessiner un arbre généalogique immense pour suivre les ramifications entre les différentes familles (Hunrahi, Draken, Elissen, Rangor & Zigness). Et l’on peut espérer, avec enthousiasme, encore de nombreuses suites dans cet univers si particulier (4 tomes).
(MC-MT)