Les vivants au prix des morts

FRÉGNI René

René est écrivain et vit dans un petit village du Luberon avec la douce Isabelle, institutrice à l’école du village. Pendant quelques années, il a été visiteur de prison aux Baumettes où il animait des ateliers d’écriture pour les détenus. Alors qu’il mène maintenant une vie bien tranquille, à écouter chanter les oiseaux et regarder les fleurs pousser, un condamné, Kader, l’appelle : il s’est évadé et cherche une planque. René hésite, l’aide, ce qui va lui valoir bien des ennuis.   Ni thriller, ni policier, le dernier roman de René Frégni (Tu tomberas avec la nuit, NB avril 2008) s’attarde dans une première partie sur les charmes tendres et bucoliques d’une vie paisible, agreste, claire, routinière et amoureuse, que rien ne paraît devoir troubler. Puis l’écriture se métamorphose et  l’ambiance presque mièvre s’alourdit au fil des pages du poids croissant de peur, de doute, de désordre, d’ombre, de repli, celui du malaise du héros bouleversé, pris au piège de sa propre sensibilité. C’est ce contraste explicite qui fait l’intérêt de l’ouvrage et lui permet d’échapper à la banalité. (M.-F.C. et C.R.P.)