Étudiants à Paris en 1965, deux frères aussi séduisants que brillants rencontrent deux soeurs, elles aussi fort attirantes. L’aîné conquiert toutes les femmes tout en s’attachant durablement aux deux jeunes filles. Le cadet, bientôt normalien, aime l’une d’entre elles d’un amour unique mais celle-ci finit par épouser l’aîné qui la fascine. À la complication des situations et des sentiments s’ajoute un lien fraternel indéfectible. Les destins se déroulent sur une trentaine d’années, traversés par des événements exceptionnels : un accident mortel, un autre presque mortel, une réussite financière prodigieuse, une disparition (un meurtre ?), des trahisons sans compter, un suicide… Trois des personnages disent à tour de rôle leurs parcelles de vérité, relayés par une narratrice peu convaincante, amie de l’aîné. L’intellect aiguisé et la culture des deux frères favorisent les diversions politico-philosophiques, les allusions et citations littéraires. Les psychologies sont explorées avec adresse, l’écriture est déliée. Cependant le vernis intellectuel recouvre une pensée conventionnelle, les personnages excessifs, longuement élaborés, ne parviennent pas à susciter l’adhésion, l’accumulation de péripéties génère l’incrédulité et tout cela conduit aux approches de l’ennui.
L’homme qui aimait ma femme
GREGGIO Simonetta