Missak, c’est Missak Manouchian, rescapé du génocide arménien de 1915. Il arrive en France en 1924, devient artiste et poète, organisateur d’un réseau de résistance contre les nazis à Paris durant la seconde guerre mondiale. C’est lui qui figure au centre de l’affiche que les occupants avaient fait placarder pour dénoncer les agissements de « l’armée du crime ».
Publié à l’automne, l’album présente les derniers instants de Missak dans la cellule où il attend son exécution. L’homme évoque lui-même son parcours depuis son village arménien, le passage au Liban, l’arrivée à Paris, la rencontre de sa femme Mélinée, l’occupation allemande et l’organisation du réseau. Les mots et les images expriment l’intensité de cette vie placée au coeur des plus grands drames du XXème siècle, en éclairant les moments douloureux par des souvenirs heureux : texte poétique, alternance de tableaux en couleurs et en noir et blanc, pages qui se déplient pour faire apparaître le contraste de certaines scènes. La présentation ayant choisi le registre de la sérénité face aux heures noires, quelques pages documentaires étayées de photos issues d’un fonds photographique familial replacent le parcours du résistant dans le cadre historique. L’hommage à l’homme, et au-delà de lui à la communauté arménienne française, est émouvant et apaisé : un bel exemple d’humanité.