Contactée par une association de réinsertion sociale, l’enquêtrice rencontre Monsieur Viannet dans son logement assez sinistre. La cinquantaine, c’est un abîmé de la vie, autrefois bel homme, mais détruit par l’alcool, le tabac et l’ennui. Elle conduit trois réunions avec tact et une profonde empathie, notamment pour l’épouse présente. Milieu défavorisé, père brutal et alcoolique, mère harassée, fratrie envahissante, petite délinquance, placements en foyers, prison : le passé refait surface… Véronique Le Goaziou est docteur en sciences sociales et chercheur au CNRS. Ses publications sont nombreuses, sur les violences sexuelles et la délinquance juvénile entre autres. Il est facile à travers son roman de comprendre sa démarche intellectuelle et son grand intérêt pour tous ces sujets. Le récit est très aisé à suivre, essentiellement composé de dialogues inachevés avec des descriptions succinctes mais bien suffisantes. La narratrice s’implique peut-être trop, mais le portrait qu’elle dresse est d’une vérité désespérante avec quelques vagues lueurs d’espoir liées aux aides sociales, y compris à la prison. Si le but de l’auteur est d’amener à réfléchir sur de telles destinées, il est amplement atteint. (E.G. et A.-M.D.)
Monsieur Viannet
LE GOAZIOU Véronique