1935. Robin, orphelin de père, élevé dans un milieu bourgeois, vient d’intégrer une prépa dans un célèbre établissement jésuite de l’ouest parisien. Il se rapproche d’un élève suisse, doué et sportif, l’énigmatique Conrad Wickaert et le présente à sa famille qui l’accueille les week-ends. Son camarade l’invite à son tour dans les Alpes où une jeunesse cosmopolite et aisée se retrouve pour skier, mais un accident dramatique interrompt leurs vacances. Laurence Cossé (La Grande Arche, NB mars 2016) inscrit ce récit dans la période tourmentée et violente de l’entre-deux-guerres. La précision des faits exprimés avec pudeur renforce l’acuité d’une douleur qui tourmente encore le narrateur. Sans complaisance, il dessine le portrait du jeune homme solitaire et effacé qu’il était, expose son passé d’adolescent empêtré dans la confusion des sentiments, sa troublante admiration pour son ami et son amour un peu naïf pour une jeune fille. C’est dans le petit village encore inconnu de Val-d’Isère, dont les débuts artisanaux sont décrits de façon pittoresque, qu’il vit les « heures atroces » qui le font brutalement basculer dans l’âge adulte. Belle écriture pour ce court roman sans excès de pathos, intelligemment construit et bien documenté, qui laisse sur une impression indéfinissable. (R.C.G. et M.-N.P.)
Nuit sur la neige
COSSÉ Laurence