Sylvain Springer est grièvement blessé par un gendarme lors d’une interpellation à son domicile. Un juge d’instruction le maintient quatorze mois en détention préventive à cause de ses relations avec un trafiquant de drogue. Il va devoir supporter, avec ses blessures mal soignées, une vie en prison décrite comme un enfer, avant d’être libéré et, quatre ans plus tard, jugé et condamné pour « association de malfaiteurs » à une peine largement couverte par son temps d’incarcération. Handicapé à vie, moralement brisé, il demande réparation. Ce récit poignant s’ajoute à la littérature déjà abondante consacrée aux aspects parfois sordides de l’univers carcéral et à certains dysfonctionnements du système judiciaire. Sylvain Springer, aidé d’un journaliste, raconte ses malheurs et ses souffrances apparemment sans commune mesure avec le niveau de sa culpabilité présumée, tout en laissant entrevoir des aspects de sa vie et de sa personnalité : on aimerait en savoir un peu plus sur les tenants et les aboutissants de cette terrible « bavure ».
Pris pour cible
BOSSCHAERTS Guy, SPRINGER Sylvain