Poli est un pauvre Argentin, vendeur ambulant d’encyclopédies. Il découvre que sa femme le trompe, est chassé de chez lui et finit par se faire embaucher par un groupe d’évangélistes bizarres dans une ville où les événements prennent un tour de plus en plus préoccupant. Bien loin de là, Selva doit préparer l’ouverture d’un minuscule bar dans une ville balnéaire dont elle ne connaît rien. Elle s’applique de son mieux mais rien ne se passe et son inquiétude augmente, jusqu’au jour où le pire survient. Dans ce roman sur les « petites gens » maltraités par un sort qui les dépasse et les écrase, Carlos Bernatek (Banzaï, NB juin 2014) décrit en termes fouillés, réalistes et évocateurs, la dureté des conditions de vie demeurées rudimentaires dans un pays corrompu, immense, peu peuplé. Avec un incontestable talent, l’auteur nous ouvre les yeux sur l’effroyable asservissement des modestes et des crédules par les plus riches, les plus entreprenants ou les plus baratineurs. Il montre aussi comment le sexe, très présent, infléchit souvent le cours de ces vies jusqu’au déracinement. Le récit en est alourdi de scènes érotiques et d’un viol détaillés avec la même plume sans nuance, très suggestive. (J.M. et C.R.P.)
Rancoeurs de province
BERNATEK Carlos