Parti à l’île de Wight pour un week-end idyllique avec Emmanuelle, sa compagne depuis dix-huit mois, le narrateur la quitte brutalement pour une insignifiante question qu’elle lui a posée. Sous forme d’un dialogue entre l’écrivain et un journaliste, ce roman aborde et décortique à l’extrême la rupture amoureuse et ses répercussions après la perte irréversible de l’être aimé. Mais s’il détaille à l’envi les manifestations physiques et psychologiques de la douleur de l’absence, Yann Moix (Terreur, NB avril 2017) préfère l’abstraction d’analyses sur des thèmes liés au sujet à la complaisance pour l’introspection : la justification, ou non, du couple, le moi et le nous, le piège de la solitude, la normalité et l’idée du bonheur. Des développements sur le temps, présent, passé et à venir, étayent une réflexion qui ne manque pas d’intérêt, même si l’ensemble de la construction opte délibérément – nombreuses figures stylistiques, aphorismes ou citations d’auteurs à l’appui – pour une orientation plus rhétorique que sensible. (M.M. et M.Bo.)
Rompre
MOIX Yann