Au début de la seconde guerre mondiale, Bernard, neuf ans, vit à Bucarest avec sa famille. Ils sont juifs ; le père, fourreur, perd son emploi. Ils survivent difficilement grâce au travail de couture de la mère. Malgré la terreur qui règne sous l’occupation allemande, leur communauté subsiste et reste très attachée aux traditions mosaïques. À quinze ans, Bernard décide de quitter son pays, alors sous la férule soviétique, et de rejoindre la Palestine. Un voyage terriblement éprouvant. Dov Hoenig a quatre-vingt-six ans. Il se défend d’écrire une autobiographie, mais ce premier roman rappelle le début de son propre parcours et tout y semble étonnamment authentique. Avec une écriture simple, l’auteur se transforme en un narrateur convaincant. Des détails parfois inattendus sur la vie quotidienne apportent des précisions sur les réactions de la population devant les différentes formes d’oppression. Au cours des pénibles moments qu’il traverse, les émois du jeune héros adolescent apportent un peu de fraîcheur dans un océan de noirceur. Le contexte historique, très documenté sur la politique intérieure de la Roumanie et des pays d’Europe centrale, est plus difficile à suivre. De l’émotion et une leçon d’Histoire.
Rue du Triomphe
HOENIG Dov