Sauvages

BERNARD Nathalie

L’institution dirigée par « La Vipère », un prêtre entouré de religieuses, héberge de jeunes Indiens arrachés à leur famille pour être « redressés », au point de remplacer leur identité par un numéro. Dans quelques semaines, Jonas en sortira après six longues années malgré les brimades. Lorsqu’il retrouve morte Lucie, une petite fille pour laquelle il a beaucoup d’affection, Jonas comprend que La Vipère ne se contente pas d’abuser moralement des enfants. Les mêmes abus subis par le jeune Gabriel, qui travaille avec lui dans les bois, vont déclencher en lui une colère froide: il tue la Vipère.

  Dans l’atmosphère lourde de cet hiver glacial, les scènes violentes se succèdent, ne laissant aucun espoir aux enfants face à des adultes taillés à la serpe, dont les portraits sans complaisance s’accompagnent d’une analyse rapide de leurs motivations. Le récit des dernières semaines de Jonas fait alterner le présent sordide et les souvenirs de son enfance auprès de sa mère, éclairée par les liens profonds des Indiens avec la nature. Les faits prennent place dans les années 1990, et les héros jeunes sont aussi attachants que les adultes sont révoltants, dans un scénario aux échos trop actuels. (M.T. et F.E.)