Professeur de philosophie, Parisien, il est parachuté à Montceau-les-Mines pour un remplacement. Hôtel Ibis, Buffalo-Grill, centre limité à la rue Carnot, lycée Henri Parriat… des noms et des lieux qui le découragent d’emblée. Qu’à cela ne tienne, il sera un nouveau Socrate et « accouchera » les jeunes esprits de la TS3, à la réputation de parias. L’intérêt qu’il porte aux femmes – réciprocité assurée – aide aussi à supporter l’exil. Rapidement, dans sa vie apparemment réglée, des fissures apparaissent, des failles peut-être. La ville endormie serait-elle un catalyseur inattendu ? Cette évocation d’une ville « maudite » ne peut venir que d’un séjour réel. Ce premier roman – Yves Cusset a publié des essais philosophiques –, écho de ses expériences d’enseignant, d’humoriste et de comédien, est souvent très drôle, très savant, très habile, très narcissique, mais un peu bavard parfois. Il sait mêler des registres divers : les expressions empruntées à des chansons connues et bien insérées se marient sans problème à la relecture de Platon. En même temps le suspense ouvre un abîme sous nos pieds comme sous ceux de son narrateur.
Socrate de Montceau-les-Mines
CUSSET Yves