Écrivain, producteur à France-Culture, Jean-Michel Djian étudie la solitude qu’il croit inhérente à l’exercice du pouvoir. Pour lui, sous la Ve République, les différents hôtes du palais de l’Élysée l’ont ressentie, à des moments différents, selon leur caractère et les événements. Porté par l’imagination et la foi, de Gaulle aime la solitude. Pompidou la supporte mal, s’exile dans l’art. Giscard d’Estaing, abandonné par son Premier ministre Jacques Chirac, s’enferme dans une solitude hautaine et supporte mal d’avoir dû condamner à mort Renucci. Avec habileté, Mitterrand théâtralise une solitude cultivée, laissant ostensiblement Rocard à l’écart. Chirac, pour conjurer une solitude qui ressemble à de l’ennui, s’attache à la promotion des civilisations disparues. Sarkozy et Hollande se protègent, subissent la médiatisation de l’époque et sortent de leur solitude en s’inclinant devant des victimes. Pour chaque Président, une analyse rapide, subjective parfois. Ouvrage écrit dans un style élégant, qui humanise nos dirigeants souvent inaccessibles. (A.C. et M.F.)
Solitudes du pouvoir

DJIAN Jean-Michel