1903. Dans le Dakota, à l’École Industrielle Indienne de Carlisle, le colonel Pratt, flanqué d’un aide violent, le major Mercy, cherche à intégrer les Indiens. « Tuer l’Indien pour sauver l’Homme », telle est sa maxime. Dans les faits, ses intentions, où il entre de la compassion, tournent au cauchemar. Les procédés éducatifs sont particulièrement brutaux, les Indiens sont quasiment incarcérés. Jonas, jeune professeur diplômé d’Harvard, fils de pasteur, veut empêcher les excès et défendre ses élèves. Il prône l’amitié entre les peuples. Cela lui coûtera cher.
Le graphisme se caractérise par un réalisme sobre, en teintes sombres. Les personnages sont nettement différenciés. La narration comporte plusieurs moments dramatiques : un enfant tente de s’échapper mais est rattrapé très brutalement. Elle s’arrête au moment le plus palpitant. Le deuxième tome de ce diptyque expliquera, sans doute, l’intérêt d’un passage dans les années 1970. Un dossier, consacré à l’école de Carlisle et à celui qui en fut l’instigateur, complète le tout.