Travelling square District

SHAW Greg

Immobile, l’oeil parcourt le lancinant quadrillage des grands immeubles, dont les fenêtres semblent d’abord vides. Mais quelques détails apparaissent. Ici, un homme commandite l’assassinat de son épouse. Là, une table d’écoute. À la terrasse d’un café, des policiers. Ailleurs, un commissaire. Au fil des travellings et des zooms se dégage le fil de l’histoire, qui fait interférer les agissements du tueur et ceux des terroristes préparant une action contre le musée. L’action démarre lentement puis progresse par petites touches, séparées par de longs balayages du décor que l’on peut suivre en se référant à l’image de couverture. Sous l’apparente monotonie d’un paysage urbain banal, un dessin sobre et rigoureux fait peu à peu pénétrer dans un scénario peu prolixe, où l’angoisse nait surtout de l’incessante exploration d’un regard inquisiteur qui, changeant continûment de perspective, crée des liens entre des éléments originairement séparés. D’inspiration hitchcockienne indéniable (Fenêtre sur cour), l’oeuvre présente une grande originalité visuelle qui la rend captivante.