Dans l’Irak des années trente, indépendant depuis peu mais où l’influence britannique perdure, les tensions sont avivées par les menaces de guerre du Reich. Le jeune Anouar, pauvre et opportuniste, se lie avec toutes sortes de gens. Un riche ami juif l’entraîne dans un cercle d’étudiants communistes. Puis il rencontre un brigand qui lui apprend à escalader les murs et à voler. Ensuite il tombe enfin sous la coupe des Chemises noires, groupe fasciste irakien pro-allemand, qui l’envoie à Berlin au service du Grand Mufti, dignitaire religieux courtisé par les nazis. Il est enfin enrôlé dans une légion musulmane SS, envoyé sur le front de l’Est… À travers le destin tourmenté d’Anouar, Sherko Fatah (En zone frontalière, NB janvier 2005) restitue la situation politique explosive qui a ébranlé les diverses communautés de la capitale irakienne avant et pendant la seconde guerre mondiale. Le sort de son héros, attachant malgré ses délations et ses trahisons, illustre le chaos de l’époque et l’incompréhension de la plupart. Trop long, un peu confus par endroits, écrit dans un style parfois maladroit, ce roman est ambitieux : il permet d’entrevoir les conséquences actuelles de ce lourd passé. Rien d’étonnant : l’auteur est allemand, de père kurde irakien.
Un voleur de Bagdad
FATAH Sherko