Parce qu’elle vient d’avoir la certitude de l’infidélité de son compagnon, Ann, pianiste et compositeur de quarante-sept ans, déterminée et entière, décide de faire table rase de sa vie précédente. Georges, un ancien camarade de classe qui aime les hommes, lui propose d’emménager dans un pavillon de sa propriété au bord de l’Yonne. Malade, il ne la suit pas à Ischia où elle découvre le bonheur dans une maison perchée sur la mer avec Juliette, une jeune femme vive, charmante, artiste, et une toute petite fille pour qui elle éprouve une grande attirance. Mais un drame survient… Quatre chapitres morcelés en séquences saisissent la vie d’une musicienne dans ce qu’elle a de plus banal mais aussi dans ses élans créateurs, ses faiblesses, sa dureté, son immense besoin de solitude. Tout est clair, dépouillé, plus rien de la difficulté de lecture de Sordidissimes et de Les Paradisiaques (NB mars 2005). Si les nombreux dialogues sont décevants, c’est dans les passages sur la création musicale que l’on retrouve Pascal Quignard tel qu’en lui-même, habité.
Villa Amalia

QUIGNARD Pascal